Pour retrouver le temps d’écrire, renoncez à rédiger

Dans les entreprises, la production d’écrits à forte valeur ajoutée intellectuelle est souvent ralentie ou bloquée par le fait qu’une seule personne est capable de les produire.  Vous reconnaissez-vous ? 

Il fut un temps où vos occupations vous permettaient de mettre noir sur blanc ce que vous aviez à dire ou à rapporter.  Écrire, ce tête-à-tête avec vous-même, vous permettait d’ordonner, d’articuler et d’exprimer le plus clairement possible vos idées. Écrire vous aidait non seulement à penser clairement mais aussi, par association d’idées, à libérer votre créativité intellectuelle.

Cette époque est hélas révolue.
Sauf à y consacrer vos week-ends, le temps vous manque, mais aussi peut-être l’entraînement. Comme la course à pied, l’écriture est un sport d’endurance. Quand on a réussi à s’y mettre, il faut sans cesse résister à l’envie de s’arrêter.

Alors, que faire ?

Il faut commencer par renoncer à écrire vous-même. Plus exactement, renoncer à rédiger vous-même le texte dont vous avez besoin. Gardez la main sur le fond, mais déléguez la mise en forme. 

Fond et forme sont intimement liés ? Assurément. Mais s’il est vrai qu’écrire stimule la pensée, n’est pas écrivain qui veut. Quand les mots ne viennent pas, quand les phrases s’obstinent à peser lourd, quand les idées ne s’enchaînent décidément pas, il devient contreproductif de chercher à penser et à écrire dans un même mouvement.

Quel que soit votre objectif – défendre une conception, exposer une stratégie, valoriser un projet, présenter une proposition – et dès lors que vous savez à peu près ce que vous voulez dire, remplacez le tête-à-tête avec vous-même devant une page blanche par une conversation informelle avec un rédacteur, vous en retirerez plus de bénéfices :

  • La fluidité d’expression, sans contrainte de longueur ni de style
  • Le confort de pouvoir aller et venir d’une idée à l’autre
  • La liberté de choisir des exemples un peu « décalés »
  • Le libre cours laissé à votre esprit d’escalier
  • Le test de vos expressions, images, articulations logiques
  • Le repérage des points faibles de votre discours
  • L’irruption d’idées nouvelles dans la conversation

Pendant que vous vous exprimez sans la contrainte de rédiger, votre interlocuteur vous écoute, il interagit avec vous en préfigurant mentalement le texte à venir.

Ne vous laissez pas bloquer par les chiffres ou les quelques précisions qui vous restent à réunir, ils pourront venir après. Cet entretien est tout sauf une dictée.

Sans vous priver, bien au contraire, du contrôle de vos écrits, leur co-production vous libérera de la tâche la plus chronophage et la plus technique de l’écriture : la rédaction.

 


Image : Benjamin Again, par Susan Murtaugh